Faut-il manger sans gluten ?

Depuis quelques mois on ne fait qu’entendre parler du « sans gluten » (« gluten free » ou « no gluten »), à tel point que l’on parle de phénomène de mode.

Adopter une alimentation sans gluten ferait perdre du poids, ferait gagner en énergie et donnerait une meilleure digestion.

Pour les véritables intolérants au gluten (malades cœliaques), cette mode est une aberration, voire d’un manque de respect envers les « vrais malades » du gluten.

Pour la plupart des médecins, seuls les intolérants ou allergiques au gluten pourraient tirer des bénéfices de la suppression du gluten de son alimentation.

Selon certains scientifiques ayant effectué de nouvelles recherches à ce sujet, supprimer le gluten aurait un grand intérêt pour chacun de nous.

Pour l’industrie agro-alimentaire, cette mode est une véritable aubaine puisque de nombreux produits « sans gluten » ont été créés et sont vendus à des prix exorbitants.

Entre la publicité, les informations issues de revues scientifiques, celles provenant de magazines de mode, les explications du médecin, les divers témoignages, etc… il est difficile de s’y retrouver.

I – Qu’est-ce que le gluten

D’abord il est important de savoir de quoi l’on parle exactement. Le gluten est en fait un terme générique qui désigne deux types de protéines : les gluténines et les prolamines. On retrouve ces protéines dans le blé notamment, ainsi que dans d’autres céréales (épautre, avoine, seigle, orge, kamut).

Ce sont ces protéines qui donnent le gonflant et le moelleux du pain par exemple. Dans beaucoup de préparations (gâteaux, biscuit et plats cuisinés), du gluten y est ajouté afin d’améliorer leur texture.

II – Quels sont ses effets sur l’organisme ?

Il faut d’abord se souvenir que les céréales ont commencé à être consommées par l’homme seulement depuis la naissance de l’agriculture, il y a environ 10.000 ans. En fait, notre organisme n’aurait pas eu le temps de s’adapter à cette nouvelle alimentation, et nous ne posséderions pas d’enzymes capables de digérer normalement les protéines de ces céréales. Par conséquent, les prolamines et gluténines arriveraient dans notre intestin sans avoir été dégradées, ce qui provoquerait des réactions inflammatoires. L’intestin est un organe qui sert de filtre pour les nutriments, il laisse passer dans le sang les substances bénéfiques pour l’organisme et garde le reste pour ensuite être éjecté. En fait, le gluten s’attaquerait aux parois intestinales, le rendant poreux, et ne pouvant donc plus remplir son rôle de filtre, puisque tout et n’importe quoi peut rentrer dans l’organisme, ce qui est une porte ouverte aux maladies auto-immunes.

Ces dernières ont, il est vrai, eu tendance à considérablement augmenter ces dernières années. On a également l’apparitions de troubles intestinaux (syndrome du colon irritable), la sensibilité au gluten, mais aussi certaines formes de démences, autisme, etc… ; il est reconnu par de nombreuses études que le blé aurait sa part de responsabilité.

Les modifications génétiques effectuées sur le blé afin d’accroître leur rendement aurait également un impact sur notre organisme. En effet, notre blé moderne comporte presque quatre fois plus de chromosomes que les variétés de blés anciens.

La question est : peut-on imputer tous ces maux au seul gluten ?

III – Gluten, le seul responsable ?

Au vu de l’augmentation considérable de sensibilités au gluten (probablement dûe à l’omniprésence de celui-ci dans les supermarchés sous toutes les formes possibles et imaginables), de plus en plus de scientifiques se penchent sur le sujet. Et ont découvert que les protéines du blé ne sont pas les seules à être incriminées ! En effet, le blé possède d’autres anti-nutriments, c’est-à-dire des composants qui empêchent l’absorption des vitamines et minéraux, tels que l’acide phytique, une molécule contenue dans l’enveloppe des céréales, qui est un insecticide produit naturellement par la plante afin de protéger les graines. On parle également d’inhibiteur de trypsine…

IV – Suivre une tendance aveuglément

Malgré ces connaissances nouvelles apportées par la science, beaucoup de personnes suivent un régime « sans gluten » par effet de mode, en pensant uniquement qu’il s’agit d’un régime amincissant. S’il est vrai que diminuer ou supprimer le gluten de son alimentation peut faire perdre des kilos chez beaucoup de personnes (dans la mesure où supprimer le gluten revient à supprimer pain blanc, pâtes, biscuits… il semble logique d’un effet sur le poids soit remarqué), il est une aberration de suivre un régime sans connaissance de cause, simplement parce qu’on a lu dans le dernier magazine féminin que telle star avait perdu du poids grâce à cette nouvelle alimentation. Comme toujours, je conseille à tous de s’informer avant d’entamer une diète particulière, tout comme lorsque l’on prend un traitement médicamenteux, ce qui est rarement, voire jamais fait pour certains.

V – Supprimer le gluten peut rendre gros

Il s’agit là de l’effet inverse escompté ! Mais face à cette mode du sans gluten, les industries alimentaires ont développé des aliments de substitution comme les pâtes sans gluten, la farine ou les biscuits sans gluten etc… Le problème étant que ces aliments sont fabriqués à partir de farines de riz ou de maïs, dont l’index glycémique est très haut. Cela a pour conséquence de stocker beaucoup plus de gras ! Ne tenter pas de remplacer les aliments riches en gluten par des aliments semblables.

VI – Comment remplacer les aliments qui contiennent du gluten ?

Si vous souhaitez vraiment supprimer le gluten pour des problèmes de santé, ou bien parce que vous avez certains maux et voulez savoir si cela peut venir du blé, alors ne pensez pas qu’il faille remplacer les céréales parce qu’elles apportent des bons nutriments : les céréales ne sont pas nécessaires à la santé, car leurs apports en vitamines et minéraux sont largement remplacées par les fruits, légumes et oléagineux.

La meilleure voie à prendre est non pas de s’orienter vers des céréales sans gluten, comme le maïs ou le riz, mais de redécouvrir les légumes, bien plus riches en vitamines et minéraux. Pour les sportifs en période de prise de masse, manger suffisamment de glucides sous forme de légumes semble mission impossible à cause de la quantité qu’il faudrait ingurgiter et du budget que cela représenterait. Manger du riz (thaï ou basmati, donc à IG bas/modéré) est une alternative intéressante. En phase de maintient ou en sèche, ces glucides peuvent être apporté par les carottes, les patates douces, et aussi les fruits comme les bananes, ou bien remplacé par les lipides des avocats… il existe beaucoup d’alternatives !

Mais surtout, ne tombez pas dans le piège des produits « sans gluten », car ils sont souvent fabriqués à base de farine de riz, qui possède un index glycémique très élevé (donc néfaste pour la santé et impliqué dans l’obésité) ; de plus, ils coûtent très cher…

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